Vive la puberté

La publicité, une discipline en pleine mutation dans le monde, à la fois enthousiasmante et usante pour nos esprits. On me demande souvent quelle sensation me procure ce métier. J’ai une seule réponse : La liberté.

Oui on peut être très timide dans la vie en général, mais lorsqu’il s’agit d’exercer notre métier c’est l’extase, une sensation unique, au point d’influencer mon propre « branding » personnel.

Car oui, notre métier requiert plus de marquage personnel, une sorte d’identité nécessaire, et quelle que soit notre spécialité, on ne peut pas trouver des solutions authentiques sans avoir le caractère et personnalité qui vont avec.

Dans la musique par exemple, on ne peut pas révolutionner le Raï comme cheb Khaled et être neutre, si ce dernier a eu l’ingénieuse idée d’exporter cette musique aux 4 coins du monde, c’est d’abord, par ce qu’il a créé quelque chose d’authentique qu’aucun ouïe n’a pu apprécier auparavant. Imaginez un seul instant ce qui s’est réellement passé dans sa tête au début des années 90, il était déjà roi incontesté en Algérie, même s’il était contraint de s’exiler de l’autre côté de la Méditerranée, il aurait pu choisir de continuer d’adresser sa musique qu’aux 30 millions d’Algériens qui y vivaient à l’époque, le malheurs des uns faisant le bonheur des autres, il s’est libéré le cerveau en partant à la conquête du monde avec une musique originale et attractive, devenant ainsi l’ambassadeur numéro un de la culture Algérienne, il a même ouvert la voie à d’autres artistes. Depuis, combien de personnes sont devenues « chanteurs » raï ? Des centaines, combien ont réussi à conquérir ne serait-ce que la moitié de son audience ? Ils sont rares. Depuis chez Khaled n’a jamais été égalé, son personnal branding étant unique. Et vous pourrez toujours aller plus loin avec les Zidane (football), Steeve jobs (Apple), Léonard de Vinci (la Joconde) ou même Barak Obama (Président des États Unis d’Amérique).

Comment peut t-on développer son branding personnel ? Beaucoup d’étudiants en marketing ou bien dans les arts audio visuels se demandent comment peut on réussir dans le métier ?

Par expérience, le branding personnel requiert 3 éléments essentiels, je les appelle les 3C :
Cœur, Cerveau et Courage (ou bien C#%##% pour les parties intimes)

Le cœur est notre expression de la passion pour le métier, les diplômes c’est beau, ça crée des repères sociaux et intellectuels, mais rien ne remplace la passion, avec l’avènement d’Internet, le diplôme n’est plus aussi décisif, ce qui compte c’est notre curiosité, plus on l’est dans notre métier plus on ouvre le champ des solutions possibles.

Le cerveau outil essentiel pour la créativité, cette dernière ne peut se mesurer que par un QI ou un diplôme, la créativité elle peut être sociale, artistique, technique ou bien même managériale, vouloir faire bouger les lignes requiert certes de la passion, mais surtout de l’intelligence.

Le courage, à mon propre sens, obligatoire pour faire ce métier, d’abord du côté psychologique, vue par l’audience, le publicité peut être sensationnelle, créant des émotions aussi intenses que le cinéma, la musique, la photographie ou la peinture, on peut créer des expériences tellement simples et complexes à la fois que certaines émotions peuvent dépasser celles des arts conventionnels. Rien qu’en Algérie, pendant le ramadan, le capital conversationnel crée autour d’une publicité dépasse largement celui des productions audio visuelles.
C’est très beau donc, mais ce métier est usant psychologiquement, pour tenir, il faut se mettre en conditions et considérer ce métier comme une passion et non simple attestation de travail, c’est le cœur de la motivation pour ce métier, les motivations extérieures : salaires, environnement de travail… peuvent être affectées, mais si la passion est atteinte, le processus de démotivation est irrévocable.
De l’autre côté, le courage peut être créatif, trouver des solutions stratégiques, artistiques ou expérientielles pour les clients s’accompagne avec une soif infinie vers l’originalité et la surprise et une guerre sans merci envers le plagiat et la fainéantise creative, mieux vaut créer une idée simple et originale qu’on peut nourrir qu’une grande de idée plagiée, ça ne vous servira pas et ça ne servira pas le métier en général. Être libre de créer, transformer et attirer est bien plus valorisant pour une personne qui veut réussir dans notre métier. Les exemples ne manquent pas, on peut citer la talonnade de Madjer, le courage de Joseph Fraunhofer qui inventa le spectroscope face la l’hostilité publique à l’époque en Allemagne, le courage de George Lucas pour créer un univers aussi fantastique que Star Wars et aussi le courage récent de microsoft qui ose parler à une audience nouvelle, par le bais de produits totalement contraire à son expression de marque des années 90.

Voilà, d’autres billets vont nourrir cet espace, j’aimerai rappeler aux jeunes étudiants qui lisent ce billet que la matière grise est partout la même, la créativité est universelle, il suffit juste de libérer son cerveau des contraintes qui nous empêchent de voir un marché de 1,2 milliards d’africains et ne voir que les 40 millions d’Algériens par exemple.

Vive la puberté et à bientôt.

 

Ghiles SAHNOUN, Fondateur. *

ghiles sahnoun

Ghiles Sahnoun

Follow @ghiless